Le blog de
Guillaume
Logé

Portrait de Guillaume Logé

Guillaume
Logé

Profession: 
Researcher (Art History and Environmental Science) & Art advisor for the Mobile Lives Forum

C’est sur le bord d’une autoroute en construction que l’on retrouve Robert Smithson à qui l’on a consacré une première analyse dans un précédent billet. À quoi mène cette longue ligne de bitume que s’appliquent à dérouler les engins de chantier ? Que nous dit-elle de notre mode de développement ? Qu’est-ce qui nous pousse à la construire ?

La mort de Robert Smithson dans un accident d’avion, en 1973, alors qu’il survolait une œuvre qu’il était en train de réaliser (Amarillo Ramp), a contribué à forger l’aura mythique de cet artiste américain qui, à 35 ans, laissait derrière lui une œuvre et des écrits qui allaient marquer profondément le monde de l’art. L’en-vol de Robert Smithson, c’est évidemment cette ultime envolée tragique, mais surtout un terme qui nous semble propre à décrire à la fois l’attitude générale d’un artiste dont la pensée s’est édifiée à l’intérieur d’un déplacement continu, et les réflexions qu’il a pu élaborer autour de l’avion, telles que nous allons les esquisser dans ce billet.

L’école thématique Mob’Huma’Nip (« Quand arts et sciences sociales se mettent en mouvement : parcours, iconographies et narrations pour revisiter l'in situ ») s’est déroulée du 2 au 5 septembre 2014 à Rezé (Loire-Atlantique). Elle invitait à faire se rencontrer art et sciences sociales dans le but d’explorer un territoire et sa population par le biais de différentes stratégies de déplacement et différents protocoles. Si je suis resté sur ma faim quant à l’analyse concertée et étayée de modes nouveaux de collaborations, de méthodes de co-création efficientes, de méthodologie ou d’outils innovants, quelques leçons me semblent néanmoins pouvoir être tirées de ces cinq jours.

La publication de la première partie de l’interview que nous a consacrée Jean-Jacques Lebel nous a montré de quelle façon la mobilité permet la construction du regard et donne accès à une liberté et à une autonomie indispensables à l’individu pour s’auto-gérer. La suite de ses propos aborde l’errance et la dérive dans des perspectives d’émancipations sociales et politiques.

Rencontre avec Jean-Jacques Lebel, artiste majeur, acteur et témoin sans équivalent de mouvements artistiques parmi les plus importants de la seconde moitié 20ème siècle. Son œuvre entretient un rapport original à la mobilité, abordée à la fois comme processus d’apprentissage, de création et de libération.

Poète, romancier, mathématicien, Jacques Roubaud a commencé très tôt à intégrer la pratique systématique du déplacement dans le processus de création de ses œuvres. Les échelles de ses pérégrinations se ramènent le plus souvent aux dimensions de villes, de quartiers ou de lignes de transport, en France, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon, ou ailleurs. Il a collaboré avec des artistes, comme Christian Boltanski ou On Kawara et travaille actuellement, pour la Galerie Yvon Lambert et la galerie Nathalie Obadia, aux textes qui accompagneront une série photographique de Dominique Gonzalez-Foerster. Cette œuvre collective retracera un parcours que les deux artistes ont effectué ensemble, à Londres, obéissant tout au long de leur déplacement aux indications directionnelles que leur donnait la suite mathématique dite de Kolakoski.

La création de la Route de la Culture Industrielle a assuré le lien et la cohérence d’ensemble des différentes composantes du territoire de la Ruhr. Elle participe de l’identité fondatrice de la région sur laquelle s’est appuyée sa reconfiguration. Route touristique, mais aussi route témoignant de la circulation vertueuse entre la culture et le développement économique et social.

L’étude des trajets des enfants autistes réalisés par le réseau de Fernand Deligny pendant une décennie ouvre à une réflexion sur les déterminismes du déplacement, notre capacité à exprimer notre propre identité mobilitaire et sur l’invisible en jeu dans le rapport à l’espace et aux autres. Plus largement, c’est une mobilité comme manifestation ontologique que nous sommes amenés à concevoir.

Carnet d'impressions sur les œuvres des expositions présentées lors des Rencontres Internationales du Forum Vies Mobiles.

L’usage du déplacement chez Simon Starling joue à la fois comme un miroir des modèles de développement irrationnels de nos sociétés et comme une sollicitation à imaginer d’autres pratiques

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